Un stage en Mongolie

Le témoignage d’Irène, partie cet été en stage en Mongolie avec ENSAE Solidaire !

Mon stage de fin d’études s’est déroulé au sein du bureau pays de l’Organisation mondiale de la Santé en Mongolie. J’ai passé trois mois et demi dans la capitale, Ulaanbaatar, à étudier les impacts économiques et sur la santé de la consommation de boissons sucrées.

Actuellement, il n’existe aucun droit d’accise sur les boissons sucrées en Mongolie, et la connaissance des méfaits de la surconsommation de sucre est faible parmi les consommateurs. La prévalence de surpoids et d’obésité a doublé entre 2010 et 2017, passant de 30 à 60 % de la population mongole.

En 2016, l’OMS a préconisé au niveau mondial, d’introduire une taxation des boissons sucrées pour faire baisser leur consommation, faire reculer le nombre de cas d’obésité, de diabète de type 2 et de caries dentaires. C’est dans ce contexte que le Ministère de la santé de Mongolie a commandé une étude au bureau pays de l’OMS. En collaboration avec une doctorante mongole en santé publique de l’Université nationale des Sciences Médicales, j’ai analysé le marché des boissons sucrées (production, importations et consommation) afin d’estimer le montant des revenus qui seraient générés par l’introduction d’un droit d’accise. J’ai également estimé les effets de la consommation de boissons sucrées sur le surpoids et l’obésité, auprès de 2000 enfants et d’adolescents d’Ulaanbaatar, à partir d’une enquête menée en 2015 et 2017 par cette doctorante.

J’ai particulièrement apprécié travailler dans un contexte local, et observer depuis l’intérieur la formulation d’une politique en matière de santé publique. L’immersion fut totale, et ce fut une belle leçon d’humilité que de se retrouver dans un environnement où l’on ne parle et ne comprend un traître mot. J’ai suivi des cours de mongol en parallèle après le travail, par intérêt personnel mais surtout par respect pour les personnes vivant dans le pays que l’on étudie et que l’on est censé conseiller au mieux.

Cette expérience terrain n’a fait que confirmer ma volonté de faire de la recherche en économie du développement plus tard, et je remercie ENSAE Solidaire pour leur soutien sans faille !

La Mongolie en quelques chiffres :

• 3 millions d’habitants, dont la moitié à Ulaanbaatar

• 60 % des habitants de la capitale vivent dans les quartiers de yourtes (ger districts) montées à même la terre, sans eau courante, sans égout, et sans système de collecte de déchets

• Une densité de 2 habitants par km² (la Mongolie a une superficie d’1,5 millions de km², soit 2,3 fois celle de la France)

• Une espérance de vie à la naissance de 70 ans (83 ans en France)

• Un âge médian de 27 ans (41 ans en France)

• 60 millions de têtes de bétail (cheval, yak, mouton, chèvre et chameau)

• Le deuxième plus grand pays enclavé (entre la Russie et la Chine), après le Kazakhstan

• La capitale la plus froide et la plus polluée au monde

J’ai également donné un cours sur les évaluations d’impact à des épidémiologistes en formation, dans le cadre du Mongolian Field Epidemiology Training Program, créé en 2009 par le Ministère de la Santé de Mongolie et financé par l’OMS.